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Actualités

Plaisanciers : les mal-aimés du tourisme ?

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Suite à la parution d'un article dans La Dépêche de Tahiti du 4 octobre 2021 et grâce à l'aimable autorisation et transmission des résultats de l'étude par Pierre Ghewy, nous publions leurs analyses et réflexions sur le sujet, en accord et partenariat avec les auteurs.

Pour information, voici un lien pour télécharger l'article de la Dépêche en pdf : Article Dépêche 4 octobre 2021

 

Cette étude de la sensibilisation de la population polynésienne à la plaisance et aux plaisanciers est le fruit d’un travail en collaboration avec les étudiants de la Licence 3 Économie-gestion de l’Université de la Polynésie Française (UPF). Il a été réalisé dans le cadre de leur cours d’Études de marché. Pour le réaliser, ils en ont rédigé la problématique, le questionnaire, administré ce dernier et enfin analysé les données recueillies1.
Dans les années à venir, cette étude pourra être répétée pour en établir un baromètre et ainsi suivre l’évolution des éléments mesurés.

Les plaisanciers sont des touristes à part entière. Ils arrivent de l’étranger, séjournent en Polynésie française et, comme tous les touristes « normaux », ceux arrivés en avion, ils y consomment divers produits : artisanat local, nourriture, habillement, divertissements (loisirs, restaurants, hôtels, activités, transports aériens), entretien de leur voilier, etc. Une étude de l’Association des Voiliers de Polynésie (AVP) a récemment estimé que leur apport au pays équivaut à 4,77 milliards de francs2 par an. Pourtant, on les insulte, on les menace, on les agresse (au moins deux blessés à Huahine en 2021), on détériore leur matériel (amarres coupées3 ou annexes lacérées) 4 et un mort5, certes accidentel, est déjà à déplorer.
La seule différence avec le touriste traditionnel, arrivé en avion, est que le plaisancier vient avec son habitation et la localise où il le souhaite. Quel est le regard du résident polynésien sur ce touriste particulier et quels en sont les déterminants ? Ce sont les questions auxquelles ce travail tente de répondre.

Une première question posée cherche à déterminer le positionnement global des répondants vis-à-vis de la plaisance6.

Étonnamment, par rapport à l’actualité citée précédemment, les avis sont plutôt neutres sur le sujet7. Cette neutralité apparente cache cependant des avis très différents et plus tranchés : 15,1% sont très favorables à la pratique de la plaisance contre 9,5% très défavorables.

Une autre question, « Souhaites-tu qu’ils (les plaisanciers) quittent le lagon ?», reçoit une réponse similaire : assez neutre (moyenne : 4,24), mais également avec des extrêmes forts : 12,3% des répondants sont absolument opposés à l’idée de voir les plaisanciers quitter le lagon alors que 20,5% veulent absolument les voir partir.

Ces premiers résultats donnent à penser qu’une minorité de personnes fortement hostiles à la plaisance et aux plaisanciers entraîne le reste de la population à protester contre les voiliers.

« Pollueurs profiteurs trop nombreux »

D’autres questions cherchent à cerner plus précisément l’image qu’ont les résidents des plaisanciers en Polynésie française8. Celle-ci est assez négative. Ils sont principalement envisagés comme des « Pollueurs profiteurs trop nombreux ». Encore une fois, la majorité des répondants est plutôt neutre vis-à-vis de cette image : 4,81 sur une échelle de 1 à 7. Comme pour les mesures précédentes, une minorité (11%) adhère complètement à cette image.

La pollution visuelle des voiliers est souvent citée dans les médias et dans les réseaux sociaux, pourtant, étonnamment, le fait de voir ou non les voiliers de son habitation, n’influence pas l’image du plaisancier. Qu’ils les voient, ou pas, à longueur de journées, les répondants ont le même point de vue sur les voiliers. En fait, deux éléments influencent l’image du plaisancier : l’archipel d’habitation du répondant et son implication dans l’environnement.

Image négative du plaisanciers en fonction du lieu

Concernant le lieu d’habitation, dans l’ordre décroissant, l’image la plus négative est aux Tuamotu (5,82 sur une échelle de 1 à 7), Les Marquises, Îles-sous-le-vent et Moorea sont quasiment à égalité (entre 5,08 et 5,05 sur 7). Tahiti, où se trouve la plus grande concentration de voiliers, n’arrive qu’en cinquième position (4,79). Les plaisanciers sont les moins mal vus aux Australes (4,04 – position neutre sur l’échelle de 1 à 7). Ainsi, l’ensemble des archipels, à des degrés différents, partagent cette image négative du plaisancier. Le comportement des plaisanciers varie-t-il d’un archipel à un autre ou est-ce le seuil de tolérance des résidents qui varie ?

 

L'implication dans l'environnement

Concernant l’implication dans l’environnement, second élément influençant l’image que les résidents polynésiens ont des voiliers, plus les répondants s’en sentent concernés, plus l’image qu’ils ont des plaisanciers est négative. Ce constat semble assez logique puisque la pollution par rejet d’eaux usées (vaisselle et toilettes) est également reprochée aux plaisanciers. Ce dernier point nous amène alors à nous questionner sur le classement des éléments susceptibles de polluer le lagon demandé aux répondants. Une question de l’étude consistait à demander aux répondants de classer, selon leur pouvoir polluant, des éléments cités. Le classement de ces éléments, par ordre décroissant selon le nombre de fois qu’ils sont cités en premier, donne les résultats suivants :
- les
épaves de voiliers (110 citations en premier, 28,2% des répondants)
- la faiblesse du traitement des eaux usées des maisons (80, 20,5%) l
- les habitations sur l’île (60 citations en premier, 15,4% des répondants)
- les infrastructures pour
la plaisance (47, 12,1%)
- les hôtels (40, 10,3%)
- les
voiliers dans le lagon (25, 6,4%)
- l’agriculture (20, 5,1%)
- la pêche professionnelle (6, 1,5%).

Les voiliers en bon état, ceux qui flottent, n’arrivent finalement qu’au 6ème rang des éléments polluant, après les hôtels, les habitations et le mauvais traitement des eaux usées des maisons. Au travers de leurs réponses, les répondants indiquent qu’ils considèrent ainsi que leurs habitations ont un pouvoir plus polluant que les voiliers.

Ces résultats indiquent ainsi que, de la même manière qu’il semble qu’une minorité de répondants soit très hostile à la plaisance et aux plaisanciers, il semble qu’une minorité de plaisanciers, celle qui laisse leur voilier dépérir puis couler dans le lagon, soit perçue comme très polluant. Les uns et les autres ont probablement un comportement exagéré qui exacerbe les tensions entre les deux communautés.

Corrélation avec la qualité des eaux de baignade

Ce classement des éléments polluant le lagon est conforme aux résultats de l’étude de la qualité des eaux de baignade publiée tous les ans par le Ministère de la santé9 :

Selon cette carte, les problèmes de qualité de l’eau sont concentrés aux embouchures des rivières. Comme l’indique ce rapport, « Sur les 16 points contrôlés en 2019 aucun n’est propre à la baignade contre 11% en 2018. La qualité des eaux de baignade en embouchure de rivière reste très préoccupante que ce soit en zone urbaine (100% en qualité insuffisante en 2018 et 2019) ou rurale (100% de qualité insuffisante en 2019 contre 78% en 2018).
Le rapport pointe du doigt la déficience du traitement des eaux usées. Les installations sont souvent vétustes ou insuffisantes ».

Les voiliers, eux, sont concentrés devant la marina Taina et l’aéroport… en zone bleue : eaux de bonne qualité.

Malgré ces différentes informations, les oppositions les plus fortes à la plaisance viennent de ceux qui pensent que les voiliers, les infrastructures de la plaisance et les épaves de voiliers polluent le plus le lagon. Si ces personnes souhaitent protéger les lagons polynésiens en chassant les voiliers, visiblement, elles se trompent d’adversaire. Mais, comme le démontrent les socio-psychologues au travers des théories de l’attribution causale, il peut être plus facile de rejeter la faute de nos actions sur d’autres personnes ou des événements externes, plutôt que d’en assumer la responsabilité10.

Trop nombreux et pollueurs ?

Parmi les attributs qui ont permis de définir l’image du plaisancier, la critique la plus forte qui leur est faite est d’être trop nombreux. Sans évoquer la Route des 36 mois, la recrudescence actuelle des voiliers dans le lagon vient du fait que, lors du confinement, en 2020, le gouvernement de la Polynésie française a demandé aux plaisanciers de venir se confiner dans le lagon de Tahiti. Ceci avait pour objectif d’éviter la propagation du virus dans les îles. Aucune infrastructure d’accueil n’ayant été mise en place pour les accueillir, sans le vouloir, ceux-ci ont été contraints de « s’entasser » là où ils le pouvaient…

Le second attribut fort de l’image négative des plaisanciers auprès de la population est d’être « Des pollueurs, responsables de la dégradation des lagons (coraux cassés, rejets d’eaux usées et d’huile moteur) ». Concernant les coraux, les plaisanciers ne mettent pas, par plaisir, leur ancre dans les coraux. Une ancre dans les coraux sera abîmée, voire bloquée. Il faudra alors plonger pour la décoincer ou la perdre avec sa chaîne. Le meilleur mouillage, le plus sûr, reste le sable. Concernant les eaux usées. Il est souvent reproché aux plaisanciers de polluer le lagon avec leurs rejets organiques (toilettes, restes alimentaires, etc.). Les voiliers modernes et certains plus anciens sont maintenant équipés de cuves à eaux noires qui leur permettent de rejeter ces eaux usées en dehors du lagon, en pleine mer, ou dans les marinas équipées pour cette récupération. Cela pose le problème de l’investissement dans les infrastructures d’accueil. Les répondants qui reprochent le plus aux voiliers de polluer sont également les plus opposés aux investissements pour améliorer leur accueil et réduire ces éventuels rejets11. Les plaisanciers ont, pour la plupart, fait les investissements pour réduire cette nuisance. Ce dernier argument, celui de la pollution organique, devrait perdre de sa force quand on sait que, en période normale, hors Covid-19, seuls 26 voiliers sont habités à l’année aux corps morts de la marina de Taina. Combien de bateaux à moteur se concentrent-ils tous les week-end au banc de sable du récif Tepuahono, près de la passe de Ta’apuna pour aller faire la bringue … et sans aucunes toilettes !

Alors, les plaisanciers sont-ils les mal-aimés du tourisme ?
Les résultats cités ont pu montrer que tous les reproches qui leurs sont fait ne sont pas toujours justifiés ni partagés par l’ensemble de la population. Ces reproches leur restent cependant imputés et dégradent leur image. Dans deux enquêtes séparées, réalisées par les mêmes étudiants de la Licence 3, des questions similaires pour décrire le comportement des répondants vis-à-vis des touristes, d’une part, et des plaisanciers, d’autre part, décrivent des comportements différents. La note de comportement vis-à-vis des touristes est de 6,12 contre 5,42 pour les plaisanciers. L’échelle de mesure est, là aussi, en 7 points. Dans les deux cas, le comportement est bienveillant mais le touriste reste mieux noté que le plaisancier.

D’autres questions ont été posées pour évaluer l’attitude non plus vis-à-vis de la personne, touriste ou plaisancier, mais de l’activité, tourisme ou plaisance. Dans ce cas, les avis sont plus tranchés : +1,12 pour le tourisme contre -1,30 pour la plaisance. Ces deux mesures sont sur une échelle de -6 à +6.

Problème plus large du tourisme

Une explication possible de ces différences peut provenir du fait que ces deux activités n’ont pas la même visibilité. Les touristes, même nombreux, restent souvent dans les hôtels qui les hébergent. Ceux-ci sont d’ailleurs équipés à cette fin. Ils possèdent de quoi les loger, bien-sûr, mais aussi les nourrir et les divertir. Rares sont alors les touristes à sortir de ces structures. Nous en voyons parfois quelques-uns à l’arrière des pick-up qui les emmènent visiter la Papenoo ou d’autres endroits remarquables du pays mais cela reste marginal. Les voiliers, quant à eux, sont dans le lagon, visibles de tout le monde. Ils sont un peu comme ces touristes des Airbnb, plus visibles que les touristes des hôtels. Après avoir passé la nuit dans leur logement, les touristes Airbnb en sortent pour aller à la rencontre de la population. Une étude publiée en 2020, montrait d’ailleurs que les deux indicateurs évoqués précédemment, le comportement vis-à-vis des touristes et l’attitude vis-à-vis du tourisme, tendaient, tous deux, à baisser avant la crise de la Covid-19. Les polynésiens étaient-ils déjà fiu des touristes ? 12 Nous en étions à près de 240 000 touristes par an.

Le fond du problème

Une autre donnée numérique importante montre que les résultats des analyses explicatives sont particulièrement intéressants puisqu'ils indiquent les vraies raisons du rejet des plaisanciers : les répondants rejettent l’autre (le plaisancier) parce qu’il n’est pas (culturellement) comme eux et, économiquement, ne leur apporte rien. Le facteur environnemental, souvent mis en avant pour justifier une attitude négative vis-à-vis de la plaisance et des plaisanciers, est effectivement relevé comme un élément justifiant ce comportement mais il est plus faible que la culture et l’économie. L’environnement ne serait donc qu’un prétexte pour cacher d’autres motivations.

 

Sur la dernière position du répondant ("le lagon appartient à tout le monde"), l'analyse du détail des réponses est intéressante au regard de l'actualité autour du PGEM de Moorea.

Dans l’ordre décroissant du partage du lagon, le classement est le suivant : Tuamotu (moyenne : 2,71) ; Australes (my : 1,19) ; Iles sous-le-vent (my : 1,14) ; Tahiti (my : 0,53) et Moorea (my : 0,35). Les Marquises n’ayant pas de lagon ne sont pas prises en compte dans ce classement.
Les habitants de Moorea ont donc le sentiment d’appartenance le plus fort vis-à-vis de leur lagon. Ce sont, dans toute la Polynésie, ceux qui considèrent le plus que le lagon appartient avant tout aux habitants de l'île et pas à tout le monde. Ils ne veulent pas partager. Ajoutez à cela M. Le Maire qui se sent obligé de suivre ce que la population souhaite (article dans la Dépêche du 11/10/2021), mais il ne fait, du coup, que suivre les velléités d'une minorité de personnes (en moyenne autour de 15 - 20 %) "extrémistes" aux idées bien arrêtées sur la plaisance ... et vous obtenez le PGEM 2021 en voie d'officialisation.

Quoiqu’il en soit, il ressort de ce travail que les répondants, résidents de la Polynésie française, distinguent l’activité de la personne. Ils rejettent l’activité plaisance mais, sauf cas exceptionnels cité en introduction, pas le plaisancier. Pas encore.

 

 

 

 

 


1390 résidents ont été interrogées en vis-à-vis, principalement à Tahiti, Moorea, Îles-sous-le vent et Australes. La distribution hommes/femmes, dans l’échantillon, est représentative de la population.

2Pinel-Peschardière E. (2020), « Etude d’impact de la plaisance sur l’économie de la Polynésie française ».

3Teriiteporouarai T. et Vesco J. (2021), « Raiatea : la plainte pour dégâts sur un voilier échoue au tribunal », Polynésie la 1ère, 21 février. https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/raiatea/raiatea-la-plainte-pour-degats-sur-un-voilier-echoue-au-tribunal-941071.html

4Rofes J. (2021), « Huahine – Les agressions sur les voiliers s’accentuent », La Dépêche de Tahiti, 22 avril. https://actu.fr/polynesie-francaise/huahine_98724/huahine-les-agressions-sur-les-voiliers-s-accentuent_41280619.html

5Réné C. (2020), « Moorea : mort d’un jeune baigneur percuté par une embarcation », Radio 1.pf, 10 août. https://www.radio1.pf/moorea-mort-dun-jeune-baigneur-percute-par-une-embarcation/

6

74,3, en moyenne, sur une échelle de 1 à 7 ; 1 = opposé et 7 = favorable ; 42,1% des répondants se positionnent sur la modalité de réponse neutre, 4.

8L’image obtenue est le résultat de la factorisation de différentes questions abordant cette image sous des angles différents.

9Rapport CHSP "Qualité bactériologique des eaux de baignade"  Publié le 25 mai 2020 à 15h31, mis à jour le 26 mai 2020 à 20h13 : https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/qualite-eaux-baignades-leger-progres-836292.html

10Heider F. (1958), « The Psychology of Interpersonal Relations », John Wiley & Sons, Inc, Kansas, USA.

11Corrélation significative (Sig. = 0,000) et négative (corrélation de Pearson = -0,222) entre la question concernant les rejets (« Les voiliers polluent les lagons (rejet d’huile de moteur et des eaux usées : toilettes, vaisselle, déchets alimentaires) ») et la question sur le besoin d’investissement pour mieux accueillir les plaisanciers (« Le gouvernement devrait investir plus pour l’accueil des plaisanciers (corps morts, marinas, zones de carénage, etc) »).

12Ghewy P. (2020), « Bientôt fiu des touristes ? », Tahiti Infos, 16/02/2020. https://www.tahiti-infos.com/Bientot-fiu-des-touristes_a188903.html

Demande de RDV avec la Commune de Moorea suite au PGEM 2021

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ASSOCIATION DES VOILIERS EN POLYNÉSIE                                                                      Vaiare, le 7 octobre 2021
Association loi de 1901, fondée en 1981
avp.tahiti@gmail.com – http://voiliers.asso.pf
Réf : AVP-170901

 

Objet : Demande d’une rencontre concernant le nouveau PGEM de Moorea

 


à l’attention de M. le Maire de Moorea, Evans HAUMANI,

à l’attention du Responsable PGA PGEM, Solange VANE

à l’attention du Responsable du pôle maritime, Hereiti ARAPARI

 

Cher Tavana, chers Responsables,

 

L’Association des Voiliers de Polynésie représente :
- plus de 300 adhérents pour quasiment autant de voiliers ;
- plus de 600 abonnés à sa Newsletter ;
- 6 antennes dans les îles ;
- plus de 3 400 abonnés sur les réseaux sociaux ;
- la plaisance au sein du Cluster Maritime de la Polynésie française.
Son rayonnement au sein de la plaisance en Polynésie française en fait, à priori, une entité à part entière pouvant être consultée pour toute décision touchant à la plaisance et son tourisme dans les cinq archipels. 

Suite à la parution de l’arrêté n°2009 CM du 10/09/2021, la communauté de la voile plaisancière en Polynésie française s’est trouvée sous le choc des attributions des quotas sur les zones de mouillages dans le nouveau PGEM. Une source d’incompréhension amenant immanquablement la question : quelles sont les raisons pour justifier ces quotas ?

Malgré tout, nous continuons de croire qu’il est possible de se rencontrer et de dialoguer autour de ce PGEM de Moorea. La réunion du 24 février dernier avec les responsables du Pôle maritime, du PGA et du PGEM en a été le premier exemple.

C’est pourquoi, nous souhaiterions enfin vous rencontrer afin d’échanger notamment sur les modalités techniques de l’application de ces quotas, sur la mise en place des “zones de mouillages organisées” et sur notre éventuelle consultation pour les prochaines révisions de ces quotas.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, veuillez agréer nos salutations distinguées.

l’Association des Voiliers de Polynésie

PGEM 2021 : Un nouveau message fort et clair contre la plaisance en Polynésie francaise

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Au pire moment de la crise touristique que connaît la Polynésie, encore une île (Moorea) qui se ferme à ce tourisme pourtant le plus résilient de tous : la plaisance internationale.

Manque d'infrastructures pour la plaisance en Polynésie ?

La réponse du pays aujourd’hui à cette problématique au travers du PGEM, est de valider la fermeture de zones de mouillages et restreindre à outrance l’accès pour celles qui restent ouvertes au travers d’un système aberrant de “quotas” ridiculement faibles d’un nombre total de 30 voiliers sur l’ensemble du lagon de Moorea sur une dizaine de mouillages différents pourtant officiellement recensés.

Résultat : Plus de 5 000 Ha de lagon tout autour de Moorea, et seulement 10 voiliers sont dorénavant autorisés à venir transiter une ou 2 nuits maximum sur Moorea.
Les 20 autres mouillages en fond de baies de Cook et Opunohu étant plutôt destinés au mouillage de longue durée (et seront occupés par des résidents de Moorea qui ne trouvent pas de place de marina).

Seulement 2 à 3 mouillages sont potentiellement ouverts à tous les plaisanciers qui viendraient de Tahiti, car seule la façade EST de Moorea est accessible sur une durée inférieure à 48h (si ces mouillages ne sont pas déjà occupés par les résidents de la Marina de Moorea qui se trouve à proximité).

La privation de liberté semble donc en croissance continue.

Depuis plusieurs années, tout le monde s’accorde à faire le constat qu’il manque cruellement d’infrastructures en Polynésie pour mieux organiser et recevoir correctement les plaisanciers résidents ou internationaux.
La légère augmentation du flux de ces dernières années, mais surtout les conditions exceptionnelles de la situation sanitaire COVID et la fermeture globale des frontières maritimes dans le Pacifique ouest a retenu un nombre plus important que d’habitude de plaisanciers internationaux dans les eaux polynésiennes.

En 2014, le gouvernement prend la décision du développement de la plaisance en Polynésie avec une extension de l’admission temporaire originelle de 24 mois maximum, et crée “la route des 36 mois”, avec l’objectif de développer des infrastructures pour dynamiser l’économie florissante de la plaisance.

6 ans plus tard, en 2020, ayant échoué à développer de nouvelles infrastructures, le gouvernement décide de faire machine arrière en adoptant à nouveau une réduction du régime d'admission temporaire à 24 mois en espérant limiter le flux des navires internationaux.

En 2021, il n’y a donc AUCUNE nouvelle infrastructure, ni même de projet en cours. En revanche, le gouvernement continue dans sa politique de restriction du nombre de mouillages disponibles.

C’est donc une politique inverse qui est engagée visant à limiter le nombre de navires et augmenter les restrictions en fermant les mouillages les uns après les autres.
En effet, un nombre important de restrictions ont été votées et vont l’être encore pour restreindre la capacité d’accueil des plaisanciers internationaux et pénaliser les plaisanciers résidents qui n’ont plus accès au lagon.

Ainsi la liste des limitations et fermetures s’allonge irrémédiablement :

→ Fermeture du mouillage de la marina Taina.
→ Limitation par des quotas du nombre de voiliers autorisés à mouiller sur l’ensemble de Moorea (uniquement 20 bateaux en mouillage court de 48 heures).
→ Fermeture de l’accès de la moitié OUEST du lagon de Fakarava.
→ Réduction des capacités d’accueil sur l’île de Huahine avec la création de zones de mouillages limitées (prochainement voté).

 

Zones de mouillage : plus de 5 000 Ha de lagon tout autour de Moorea, et seulement 30 voiliers autorisés à y mouiller. 

Mouillages des baies de Cook et Opunohu : + de 25m de fond et effet Venturi.
Ainsi on peut déjà remarquer que la volonté est de concentrer les navires au nord de l’île, dans les baies d’Opunohu et surtout de Cook, qui ne présentent techniquement pas de réels abris, puisque les mouillages se font pour la plupart dans des fonds supérieurs à 25 mètres, dans des baies soumisent à de puissants effets Venturi générés par le vent qui s’engouffre par le fond des baies. La sécurité des plaisanciers n’est clairement pas assurée car tous les voiliers n’ont pas 80m ou plus de chaîne pour sécuriser leur bateau dans ce type de mouillage.

Mouillage de Vaiare : Quota de 2 navires pour une marina de 66 navires.
L’autre aberration provient évidemment du fait que cette concentration au nord ne tenait pas compte de l'existence d’un nombre important de navires au sein de la marina de Vaiare à l’est.
Plus de 60 navires à vocation de loisirs qui ont pour but essentiel et primaire de sortir de la marina le week-end et pendant les vacances pour aller se mettre au mouillage à proximité.

Créer un quota de 2 mouillages autorisés pour répondre à un besoin d’une infrastructure existante de 60 navires n’a clairement AUCUN SENS. Surtout quand il faut y ajouter les voiliers éventuels de Tahiti qui viennent passer le WE ou les vacances sur cette côte, la seule accessible sur une durée réduite à 48 heures maximum.

Mouillage de Tahiamanu : Plus aucun navire n’est autorisé à y mouiller désormais.
La mort d’un plaisancier en 2020 lors d’un accident a probablement motivé cette décision.
La réponse n’est pas appropriée et il n’y a pas que le monde de la plaisance qui le dit.

Mouillage des Tikis immergés (quai de Papetoai) : Pluis aucun navire n’est autorisé à y mouiller désormais.
Supprimer l’accès à ces deux mouillages emblématiques de Moorea revient à “enlever la Tour Eiffel à Paris” : leur renommée est certes locale mais aussi surtout internationale (cf l’interview en bas d’article de la présidente de Taimoana, syndicat des professionnels des activités nautiques).

Mouillage Maatea entre le PK 14 et 15 : 1 navire autorisé
Comment justifier un seul voilier pour une longueur de mouillage sur fond de sable de plus de 1 km ?

Une instauration irrationnelle d’un système de quotas.

A aucun moment l’Association des Voiliers en Polynésie, représentant majeur des utilisateurs du lagon n’a malheureusement été sollicitée pour émettre un avis ou même représenter les plaisanciers, malgré des requêtes auprès de la Commune de Moorea depuis 2017. Les plaisanciers, utilisateurs du lagon au même titre que les pêcheurs, les prestataires, ou les scientifiques ont été volontairement écartés de toute concertation lors de l’élaboration du nouveau PGEM.

La décision de quotas a donc été évidemment prise sans aucune considération d’un certain nombre de facteurs pratiques et techniques évidents liés au monde de la plaisance, et notamment sa vitesse de déplacement.
Pour mieux comprendre la problématique, il faut avant tout avoir conscience des temps de déplacement des voiliers entre chaque zone de mouillage.
Sachant qu’un voilier se déplace exclusivement d’une zone à une autre et ne s’arrête JAMAIS en plein océan et que le lagon est le seul abri naturel dans lequel un voilier trouve sa protection.

Un nombre conséquent de questions pratiques auraient permis d’éviter l’élaboration d’un système de limitations irrationnelles :

1 - Quand un voilier quitte Tahiti pour rejoindre Moorea, comment peut-il savoir s’il aura une place dans le mouillage ?

2- Sachant qu’il lui faudra de 3 à 5 heures pour rejoindre un mouillage, comment peut-il savoir si le mouillage libre au moment de son départ, ne sera pas occupé à son arrivée ?

3 - Qui fera demi-tour en fin de journée pour trouver une éventuelle place ailleurs ? Sachant qu’il faudra au voilier plus de 2 heures supplémentaires pour rejoindre un autre mouillage, sans savoir s’il est aussi déjà occupé.

4 - Comment connaître le statut de chaque voilier présent au mouillage afin de déterminer quand est-ce qu’il devra libérer sa place et à quel moment un nouveau voilier sera en mesure de rejoindre cette place laissée vacante ?

5 - Qui est en mesure d’évaluer la notion de “cas de force majeur” d’un voilier qui vient occuper “illégalement” un mouillage dont le quota est dépassé ?

6 - Qui est en mesure de prendre la responsabilité de faire quitter un mouillage à un navire en difficulté, avec une panne quelqu’elle soit qui ne lui permet pas de prendre la mer en toute sécurité ?

7 - Que va-t’on dire à un plaisancier qui se retrouve bloqué sur un mouillage à cause d’un changement brusque de météo ?

8 - Qui va définir que la météo est suffisamment bonne pour que le plaisancier puisse quitter son mouillage ? (et par conséquent prendre la responsabilité d’une mise en danger d’autrui).

 

Historique de mise en place de ce nouveau PGEM :

 

  • Mars 2019 : Enquête publique en cours concernant le PGEM 2019 de Moorea avec déjà, par exemple, SEULEMENT 13 voiliers autorisés sur la façade Est de Moorea (vallée Maamaa de Teavaro = Sofitel ; Patae = face à la marina et au Champion ; Maatea). L’enquête publique réalisée en vue de l’élaboration du texte définitif du nouveau PGEM avait interloqué tous les plaisanciers (surtout les résidents) de Moorea comme ceux de Tahiti, par le concept de “quota par mouillage” pour y limiter le nombre de voiliers.
    Ces quotas ne sont de toute façon pas en accord avec la réalité pratique d’accès au lagon de Moorea et surtout pas en phase avec la localisation des besoins réels relatifs aux aménagements existants.

 

 

  • Février 2021 : première et dernière rencontre entre l’AVP et les responsables du dossier PGEM de la Commune de Moorea ; il nous a pourtant été confirmé que le mouillage sur fond de sable partout autour de Moorea resterait autorisé 48h.
    La notion d’abri côtier reste donc d’actualité mais cela rentre forcément en contradiction avec la notion de zonage et de quotas.
    Pour Tahiamanu, les personnes présentes nous ont confirmé que le mouillage ne serait pas interdit mais que le quota serait de 0. Comment interpréter cette information ?

 

  • Septembre 2021 : l’arrêté n°2009 CM du 10/09/2021 tombe et le constat est amer, mais prévisible avec la réduction de 83 voiliers au mouillage (déjà bien ridicules sur le projet initial présenté lors de l’enquête publique), à seulement 30 voiliers, avec fermeture de 3 mouillages.

Et la suite ?

On regrette encore une fois que le tourisme en Polynésie de manière générale va encore largement souffrir d’une image négative au travers du milieu de la plaisance internationale.
Ce sont encore de nouveaux signes qui sont lancés vers une plaisance déjà bien méprisée et stigmatisée, alors qu’elle représente un tourisme à échelle humaine, non polluant et résilient qui alimente pourtant largement l’économie locale (Etude d’impact de la plaisance sur l’économie polynésienne). On ne peut que regretter et dénoncer ces choix.
L’Association des Voiliers en Polynésie œuvre pourtant depuis des années pour essayer d’entamer le dialogue afin de proposer des choix cohérents en adéquation avec les attentes, les besoins des plaisanciers et la gestion optimale d’un lagon pour tous.
Force est de constater une fois de plus que malgré tous nos efforts, la concertation et la construction positive n’est pas l’objectif premier des décideurs.

L’association va donc évidemment mettre en œuvre tous les moyens dont elle dispose pour enrayer cette escalade et continuera à dénoncer le plus largement possible cet acharnement dont la plaisance en Polynésie fait l’objet.

 

 

 

 

PGEM 2021 : Another strongly negative message to the cruising community in FP

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 During the worst economic crisis faced by the tourism industry in French Polynesia, another island (Mo'orea) is turning her back on this most resilient form of tourism : international cruising.

Lack of boating infrastructure in Polynesia

The answer from the French Polynesian government to this problem is to update the PGEM (Lagoon Management Plan) with the closure of several anchorages and a drastic reduction of capacity   for other anchorages, and implementing a preposterous “quota system" limiting  the total number ofboats across the 10 official anchoring zones in the Moorea lagoon to a ridiculously low 30

Result:  With  more than 5,000 Ha (19 sq.miles) of lagoon area around Moorea, only 10 boats are now allowed to transit, for a maximum of 2 nights.

The other 20 other anchoring spots in Cook’s Bay and Opunohu Bay are reserved for long term anchoring, and will likely be occupied by Mo'orea residents who cannot get a spot in a marina.

Only 2 to 3 anchoring spots are potentially open to all  sailors travelling from Tahiti, since only the East coast of Moorea is accessible, and only for  stays shorter than 48 hours, assuming these spots are not occupied by the residents of  M oorea’s marina.

 

The restrictions on freedom  continue   to grow.

Over the past several years, everyone agrees that a boating infrastructure capable of properly welcoming, hosting and organizing local and international cruising is seriously lacking in French Polynesia.

The slight increase of new cruisers  in the past few years, but more importantly the  unprecedented COVID pandemic  and the closure of  maritime borders worldwide  forced many cruisers to extend their stay in French Polynesia.

In 2014, the local government decided in favor of developing the cruising industry in French Polynesia, by extending the temporary admission from 24 months to 36 months, with the goal of developing infrastructure to further boost the thriving local  yachting industry.

Six years later, having  failed to create new infrastructure, the government  took a step backwards and reduced their initial ambitions by resetting the temporary admission period  to 24 months, hoping to reduce the flow of international boats.

In 2021, there is  absolutely no new boating infrastructure, and  no projects in the works. In contrast, the government has strengthened the policies meant  to reduce  the number of anchorages.

The new policy is an about face, aimed at reducing the number of boats, and increasing  restrictions by closing anchorages one after the other.

Indeed, a large number of restrictions  have been voted into law and more are set to  be passed  to further restrict the capacity to welcome international yachts and to penalize the local boaters by preventing them from accessing the lagoon.

The list of closures keeps growing  dramatically:

-       Marina Taina Anchorage closed/closing
-       Reduction of the number of boats allowed at anchor in Moorea lagoon to only  30 boats and 10 of those for a maximum duration of 48 hours
-       Closing of the western portion of Fakarava lagoon in the Tuamotus
-       Reduction of capacity in Huahine by creating limited anchoring zones, soon to be voted upon.

 

Anchoring zones : a lagoon of more than 5,000 Ha (19 sq miles) around Moorea, and only 30 boats allowed to anchor   


Anchorages in Cook’s Bay and Opunohu Bay: 25+ meters depth (80+ feet) and Venturi effect

There is a clear intention  to concentrate all boats in the northern part of the island, in both Opunohu bay and especially Cook’s bay, that don't  really offer any protection, due to significant depths (25m/80ft) and strong winds caused  by the Venturi effect of the tall surrounding mountains.

Anchoring in these areas doesn't offer much   safety to  boaters with less than 80m of chain to anchor safely  in this type of anchoring situation.

Anchorage in Vaiare: quota of 2 boats with a nearby 66 slip marina

Another reason which makes this decision ludicrous is  that it doesn't take into consideration  the 60+ boats in Vaiare marina on the East coast.

The primary usage of most of these boats is to go out to  the nearby anchorages during weekends and holidays.

Creating a quota of 2 boats allowed to anchor at the closest anchorage for the local population   of 60 boats is absurdly  inadequate. . Furthermore, this will  strongly discourage all potential boaters from Tahiti from sailing  to Moorea for weekends or holidays.

Anchorage of Ta'ahiamanu: No sailboats are allowed to anchor there from now on.

The death of a young cruiser in 2020 has probably prompted this decision.
The response is inappropriate. It is against the wishes of the family of the deceased and it does not solve the problem of  mixed usage of this public space.

Anchorage nearby the underwater Tikis (Papetoai) : No anchoring allowed

Preventing access to these two iconic anchorages in Moorea is like removing the Eiffel tower from Paris : their reputation is famous both locally and internationally.

Maatea Anchorage between PK 14 and 15 : 1 boat allowed

What is the justification for allowing only one single boat on a sandy anchoring area of one kilometer (0.5 nm) ?

 The creation of a completely illogical quota system

The AVP (Association des Voiliers en Polynésie/ Polynesian Sailors Association),  which represents a large number of the lagoon users, has not been asked to share their opinion, or even represent cruisers interests,  in spite of their several requests  to meet with the authorities of the municipality of Moorea since 2017. Cruisers, who have the same access rights to the lagoon  as fishermen, local businesses and scientists, have deliberately been ignored to create this new PGEM.

The decision to implement a quota system has been made without considering several practical and technical elements specific to cruising boats, most  particularly their traveling speed.

To better understand the context, it is important to factor in the cruising time between anchorages.

A sailboat moves from one anchorage to another and NEVER stops in the middle of the ocean.Furthermore, the lagoon is the only place where a sailboat can find protection, as the local marina is perpetually full.

 

 Taking into consideration these  logistical questions would have avoided the creation of such an impractical quota system:

1 - When a sailboat leaves Tahiti for Moorea, how can the skipper know if they will find a spot at their desired anchorage ?

2- Since a sailboat takes 3 to 5 hours to reach an anchorage, how can the skipper know if a spot available at departure time will not be occupied upon arrival ?

3 - Who would turn around at the end of the day to possibly find a  spot in a different anchorage? A sailboat needs a minimum of 2 hours to reach a different anchorage, not even knowing if there is availability.

4 - How to know when  sailboats at anchor might leave to allow another sailboat to have a spot?

5 - Who can decide the legitimate status of “force majeure” for a sailboat  anchoring "illegally" in  an anchorage already at  its quota ?

6 - Who will take the responsibility, in such a case, to tell  a disabled sailboat owner (engine or other technical failure) to leave an anchorage, regardless of their ability to sail safely ?

7 - What will a cruiser be told when waiting in an anchorage due to a sudden weather change ?Who has the right to tell a sailor they must leave safe harbour, even if there is bad weather, if they have passed the 48 hour anchoring limit?
8 - Who will define the criteria of safe weather conditions  for   a cruiser to leave their anchorage, and consequently take the responsibility of possibly endangering the crew ?

A brief history of the evolution of the new PGEM  :

-       End of 2017: AVP asked the mayor of Moorea in a letter to discuss the g Moorea PGEM  proposal changes (“Propositions de modifications du nouveau projet PGEM de Mo'orea”) . The letter  remains unanswered.

-       March 2019 : public survey regarding Moorea PGEM 2019 (Enquête publique en cours concernant le PGEM 2019 de Moorea).lready at that time the recommendation was to allow only 13 sailboats on Mo'orea's East coast (Maamaa valley in Teavaro = Sofitel ; Patae = by the marina and Champion store; Maatea). The outcome of the  public survey   to create the final PGEM was  a shock to all boaters, especially Moorea residents) but also s those from Tahiti and the international community, with the “quota by anchorage” concept to limit the number of sailboats.

These quotas are not at all in line  with the practical reality of accessing the Moorea lagoon and definitely not in sync  with the needs of the existing boating population.

-       August 2019 : The AVP received only 14 (inadequate) answers to the 36 concerns addressed by the AVP (rapport du Commissaire enquêteur relatif à l'enquête publique du PGEM de Moorea).

-       February 2021 : first and only meeting between the  AVP and Moorea PGEM committee (rencontre entre l’AVP et les responsables du dossier PGEM de la Commune de Moorea) ;the AVP was told that anchoring in sandy areas all around Moorea would still be allowed for 48 hours.

The concept of the right to seek safe coastal shelter seems to remains acknowledged , but is now in conflict with the zoning and quotas.
Regarding Ta'ahiamanu, the committee confirmed that anchoring would be allowed, but with a quota of 0 boats. How should this information be interpreted ?

-       September 2021 : decree #2009 CM is published (“arrêté n°2009 CM du 10/09/2021”) and leaves a bitter taste, with a reduction from a proposed 83 sailboats ( already a pitifully small number from the initial project presented during the public consultation), to only 30 sailboats, and the closure of 3 anchorages.

What’s next ?

We deeply regret that nautical tourism in Polynesia will further suffer from negative publicity in the international cruising community.

Restrictions like these are increasingly negative actions towards local and international cruisers, who are already despised and stigmatised by some, even though cruising is the face of  sustainable tourism; at a human scale, eco-friendly and resilient, a sector of the tourist market which  contributes significantly  to the local economy (see Cruising tourism impact to the local polynesian economy [french]). We can only  report and express our disappointment with these decisions.

AVP (Association des Voiliers en Polynésie) has been working hard for several years to have constructive dialogue, and to propose reasonable choices which meet the needs and expectations of all cruisers, and for the best possible  management of the lagoon for all.

It is clear that despite all our efforts,  positive collaboration, including consulting the end users, is not the prime objective of the local leaders.

The AVP will continue to use all means at their disposal to stop this escalating situation, and will continue to broadly report the negative actions taken which deeply affect  the cruising community in Polynesia.

 

 

 

Compost à la marina de Vaiare (Moorea)

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Un plaisancier-résident de la marina de Vaiare, dont le voilier sort très fréquemment autour de Moorea d'ailleurs, nous fait partager la mise en place d'un compost au sein de la marina.

 

COMPOST 1.0 à la marina de Vaiare (Moorea - Décembre 2019)

Commencé en Septembre 2018, suite à une tentative par certains de mettre en place un petit « fa’apu », un « composteur » est à la disposition des habitants de la marina.
Alors oui, « composteur » est un bien grand mot pour un tonneau couché et coupé sur le dessus. Il n’empêche que depuis un an et demi nous (je parle au nom des habitants de mon voilier) y déposons tous nos déchets organiques.
Et mine de rien, cela représente en moyenne plus d’un gros saladier par jour.

Le « compost » produit n’est pas exploité … certes, mais ce sont déjà tous ces déchets qui ne remplissent pas la poubelle du tout-venant. Et comme quoi cela fonctionne, le tonneau n’a jamais débordé ! Je précise aussi qu'il n'y a pas d'odeurs, contrairement à ce que l'on pourrait croire.

Même lorsque que nous sortons au mouillage proche de la marina, les déchets organiques sont stockés et déposés dans ce « composteur ».
Tout ce qui vient de la terre, retourne à la terre. Et idem pour la mer.

L’empathie, c’est se mettre à la place des autres pour tenter de ressentir leur émotion. La mienne ne serait pas terrible si, habitant du bord de mer avec une petite plage et des voiliers au mouillage pas loin, je retrouvais régulièrement des demi pamplemousses vides, des demis citrons pressés et autres noyaux de mangue ou avocat, sans compter les épluchures de carottes et autres concombres, ...

Ce n’est pas grand-chose, peut-être, mais cela participe à l’effort commun autant sur le plan du respect des voiliers envers les populations des îles, autant sur le plan du traitement des déchets.
C’est possible.

A chacun ses responsabilités, à chacun ses petits gestes de colibri.

 

COMPOST 2.0 à la marina de Vaiare (Moorea - Septembre 2021)

Le composteur de la marina a évolué !
Trois fûts forment le composteur depuis mars 2021 et permettent ainsi d'écouler encore plus de déchets organiques, vu que plusieurs voiliers participent maintenant à cet élan.

De plus, deux voiliers se sont attelés à la confection d'un petit fa'apu avec aubergine, salade, haricot, ... et de la menthe, basilic et oignon vert pour tout le monde. Le compost produit est ainsi utilisé. Le surplus sera donné à un ami ... à la production plus conséquente !

Comme quoi, vivre sur un voilier n'empêche pas de s'occuper aussi de la terre.
ET NON ... les plaisanciers ne jettent pas tous leurs déchets organiques dans le lagon !

Projets d’envergure à Moorea : population et associations contre la révision du PGEM

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Moorea compte aujourd’hui près d’une dizaine de grands projets d’aménagement. Lotissements de luxe, terrassements et hôtels sont quelques-uns des projets qui sont dans les cartons. Pour leur réalisation, le gouvernement a procédé à une révision du Plan de gestion de l’espace maritime, le PGEM.



Le conseil des ministres a validé le 8 septembre dernier une révision du PGEM de Moorea Maiao. "Le dossier a été envoyé au gouvernement, il est entre leurs mains aujourd’hui, nous attendons maintenant de savoir quelle sera la marche à suivre. Notre partie est faite, à eux maintenant de voir", déclare Evans Haumani maire de Moorea Maiao.

La révision du PGEM était obligatoire selon le gouvernement car il venait à l’encontre d’une loi de Pays votée en 2015. "On n’a jamais vu dans un pays qu'un gouvernement était lié à l'avis favorable d'une commission. Ca va même en contresens du mode de fonctionnement normal des institutions", précise le ministre de l'Aménagement du territoire, Jean-Christophe Bouissou.

Incompréhension des associations

 

Pour les associations de protection de l’environnement de l’île, c’est l’incompréhension. Elles souhaiteraient avoir plus d’informations sur les zones prioritaires de développement et être inclues dans toute révision du PGEM. Pour Dom Leoture, de la fédération des associations de protection de l’environnement de Moorea-Maiao, "le Pays ne veut pas fondamentalement du PGEM. Il a essayé de le supprimer à de multiples reprises, même depuis sa révision. On a réussi tant bien que mal à avoir des analyses juridiques qui fortifient ce mouvement pour qu'il perdure. On voit encore qu'on n'écoute pas la population".

Parmi les points de friction de cette révision pour les pêcheurs, par exemple des autorisations d’amerrissage dans des zones jusqu’ici protégées par le PGEM. "C'est la porte ouverte, même au niveau du PGA, pour tous les projets immobiliers, hôteliers...sans que la population et les pêcheurs ne soient consultés", dénonce Rahiti Buchin, de l'association des pêcheurs de Moorea . "On aurait aimé garder notre plage comme ça, comme elle est", regrette une habitante de Temae. "Je ne comprends pas exactement qu’est ce qui est prévu, nous ne sommes pas du tout au courant, mais si ce n’est pas un bon projet pour Moorea il faut que la population dise non", ajoute un autre habitant.

Le Pays privilégie la concertation

 

Pour la zone de Temae, le gouvernement affirme n’avoir qu’un projet d’acquisition et non d’aménagement d’un quelconque hôtel ou de la plage. "C'est bien un PGA qui gère Moorea, c'est bien un PGEM qui gère Moorea. La seule manière pour le Pays, à un moment donné, en fonction de projets d'envergure (certains faisant plus de 15 milliards cfp), c'est de créer une zone de développement prioritaire. Et auquel cas on repasse par toute la procédure : enquête publique, rencotre avec le conseil municipal...C'est contraire à ce que j'ai pu entendre de certains qui disaient "mais ils peuvent faire ce qu'ils veulent". C'est faux !", détaille Jean-Christophe Bouissou.

Il n’y a pas que la révision du PGEM qui échauffe les esprits… mais aussi les autorisations accordées à des projets immobiliers de luxe, largement hors de portée de la majorité des habitants malgré les contestations. Des preuves, s’il en faut selon les associations, que le politique en local comme au niveau du Pays privilégie un développement sans concertation.

 

PGEM de Moorea : l’espace lagunaire plus aussi préservé…

Article de

Mercredi 8 septembre 2021, le Plan de Gestion des Espaces Maritimes de Moorea a été approuvé en conseil des ministres. Après de multiples échanges et travaux menés en collaboration avec les associations et les habitants, la commune a présenté son PGEM, avec des modifications de dernière minute.

Après 13 ans d’existence, le PGEM de Moorea était entré dans les mœurs, faisant de l’île sœur un exemple en matière de gestion et de préservation de ses espaces maritimes. Les élus municipaux n’en étaient pas peu fiers. Toutefois, le plan nouvelle version, pourrait détruire tout ce qui a été accompli jusqu’ici.

Ce serait presque passé inaperçu, si l’on s’en tenait au compte-rendu du conseil des ministres qui précisait : « Par ce PGEM révisé, le Pays et la commune partagent l’ambition de préserver le cadre et la diversité du lagon de Moorea, tout en permettant l’essor économique de l’île au travers notamment le développement du secteur touristique, tant à destination des touristes étrangers que des résidents. ».

Toutefois, à travers cette attention commune du Pays et de la commune, il faut comprendre que les futurs projets à vocation de développement, notamment touristiques, auront le champ libre.

Selon nos informations, d'après un courrier datant du 02 septembre 2021 émanant du ministère du logement et de l’aménagement, des modifications auraient été apportées au PGEM nouvelle version. Des changements sans consultation du CLEM, le comité local de l'espace maritime, créé pour mettre en forme le nouveau PGEM. Ce dernier avait validé à l'unanimité de ses membres, la version initiale du plan. Les dernières modifications permettraient notamment de concrétiser des projets touristiques.

Agrandissement de l’hôtel Sofitel ?

La dernière version du document indique que les zones de développement prioritaires outrepassent les règles établies par le PGEM. Ces zones, définies par le gouvernement, permettent, comme leurs noms l’indiquent, de mettre en place un projet de développement économique.

A titre d’exemple, la baie de Nuarei, à Tema’e, pourrait alors voir fleurir les bungalows de l’hôtel Sofitel. Un article inséré dans le PGEM prévoit en effet que les interdictions posées dans les zones à vocation de protection de l’environnement s’appliquent, sauf dans les zones de développement prioritaire.

L’article 31 concernant l’occupation du domaine maritime précise : « D’une manière générale, tout ouvrage sur l’eau, dans la colonne d’eau, sur les fonds marins et sous les fonds, est interdit ». S’en suivait initialement : « Toutefois, des autorisations spéciales peuvent être accordées pour cause d’utilité publique sous réserve de l’avis favorable du comité de gestion de l’espace maritime ». Cette dernière phrase a été purement et simplement supprimée. En d’autres termes, le comite de gestion de l'espace maritime n'a plus de pouvoir de décision.

Idem dans le paragraphe II, concernant spécifiquement la zone de Nuarei, à Tema’e. La mention qui prévoit que « le comité de gestion de l’espace maritime de Moorea est consulté sur l’organisation de ces événements par les services du Pays compétents et les organisateurs » a été supprimée. Cette baie accueille chaque année des courses de pirogues. Les organisateurs aussi, auront le champ libre.

Nourrissage des espèces interdit

Jusqu’alors contraire au code de l’environnement, le PGEM 2021 met à jour une règle. Le nourrissage d’espèces est interdit, sauf dérogation.
Par ailleurs, le comité de gestion de l’espace maritime de Moorea est toujours présidé par le maire et lui seul peut décider de changer un membre, en cas de désaccord.

Enfin, si le PGEM prévoyait initialement que toute nouvelle autorisation d’amerrissage et de décollage d’aéronefs ne pourra être délivrée à compter de l’entrée en vigueur du présent rapport, une modification a été apportée, pour permettre l’amerrissage en cas de besoin ou de nécessité.

Le plan de gestion des espaces maritimes de Moorea devrait être rendu exécutoire par arrêté ministériel.

 

PGEM vs. State of Health Emergency : lucid indignation

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AND WHAT ABOUT COMMON SENSE ?
PGEM vs. State of Health Emergency : lucid indignation.

 

This new confinement in French Polynesia (but is it really a confinement when we see that the only reason for a waiver certificate of displacement that is not listed is: "to go and see the buddies"!) has inevitably had its share of nonsense.
About a week after the date of August 23, 2021 (entry in the confinement), the firstquestions raised by boaters, notably Anglo-Saxons, appeared on the social networks: around Moorea, the Municipal Police asked them to move their sailboat because of the 48 hours limit in authorized anchorage on sand as mandated by the PGEM.

However, during the previous containment of 2019, around Moorea, the Municipal Police had indeed come to see the sailboats at anchor to inform them that the PGEM was suspended and that the containment, as an exceptional measure, prevailed. It was then compulsory to stay on anchor and not to move ("We tolerate that you splash around your sailboat." ... different confinement, different rules).
How is the current situation different?
Why should sailboats in Moorea be allowed to move around the island while the population is confined? I don't even specify "land population", as if the two had to be differentiated in a Manichean vision. Intolerable and inconceivable.
Because until proven otherwise, sailors are indeed part of the wider population of French Polynesia, so it would seem that they are subject to confinement, no?

Of course, civic-mindedness and common sense are everyone's business. Some sailboats also move of their own free will. Were a boater decide to move despite the prohibition, it may be his choice, but he knows he may be liable to a fine or worse . On the other hand, the fact that an authority, even a local one, forces them to move during the confinement is a matter of concern.

 

The administrative process to get an answer from the competent authorities has confirmed what common sense would suggest. The Adviser for the action of the State at sea (Part of the command of the maritime zones of French Polynesia and Pacific Ocean) as well as the Administrator of the maritime affairs and Deputy to the head of the service of the maritime affairs of Polynesia clearly answered me NO to the movements around Moorea, confirming this would be contrary to the rules of confinement.

Therefore, what to think of the decision of the Moorea's Township ?
The mayor of Moorea, whose vision of the world has become even more elegant, perhaps did not understand the statutes of a confinement or maybe he had other ideas in mind. This man has the merit of constancy in any case.
My investigation did not stop there because when I contacted the Polynesian Directorate of Maritime Affairs, I was told that I could not be given an answer for the moment because the Director had made a request to the High Commission to know if the State of Emergency took precedence over the PGEM!
In other words, the DPAM does not know if the PGEM of the small township of Moorea is less important than a State of Health Emergency decreed by the French State?
It seems obvious to me that any citizen is able to question this logic, isn't it?

Each one, according to his look at life, is free to judge this action of the Commune of Moorea. Some may applaud, others may be indignant, many may not care.
It is easy to imagine the reaction of the residents living by the sea or on high ground, seeing sailboats moving in the lagoon or around Moorea. They are confined but not the boaters? Do they know, for one moment, that many of these boaters were "forced" to move?

That's all it takes for dozens of "public prosecutors on social networks" to pour out their usual poetry on the "sailors". But here again, the debate is unfortunately distorted. And it will not be necessary to wait for an official and public denial of the State towards the Mayor of Moorea.
The damage will have been done. Let us dare to believe that it was not a deliberate maneuver of this Mayor.

"Because, in the end, the major risk is that everything ends up being the same, that the amalgam prevails and that the confusion overwhelms the minds. Short-sighted politicians are only waiting for that, to blur our disgust, to smooth our resistances; let's not make them this offer and let's be discriminating for once.
Lucid indignation is the surest defence. *

a sailor who is fed up

 

* Cédric Sapin-Defour - February 10, 2019

PGEM vs État d’urgence sanitaire : une indignation lucide

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ET LE BON SENS DANS TOUT ÇA ?
PGEM vs État d'urgence sanitaire : "une indignation lucide"

Ce nouveau confinement en Polynésie française (mais en est-il vraiment un quand on voit que le seul motif d’attestation dérogatoire de déplacement qui n’est pas mis est : « aller voir les potes » !) a forcément eu son lot d’aberrations.

Environ une semaine après la date du 23 août 2021 (entrée dans le confinement), les premiers prémices d’un questionnement de plaisanciers, notamment anglo-saxons, est apparu sur les réseaux sociaux : autour de Moorea, la Police municipale leur demandait de déplacer leur voilier au motif des 48h de mouillage autorisé sur sable du PGEM.

Or lors du précédent confinement de 2019, autour de Moorea, la Police municipale était effectivement venue voir les voiliers au mouillage pour leur signifier que le PGEM était suspendu et que le confinement, mesure exceptionnelle, prévalait. Il fallait alors rester sur le mouillage et ne pas bouger (« On tolère que vous barbotiez autour de votre voilier. » … autre confinement, autres règles).
En quoi la situation actuelle est-elle différente ?

Pourquoi les voiliers de Moorea auraient-ils le droit de se déplacer autour de l’île alors que la population est confinée ? Je ne précise même pas « population terrestre », comme s’il fallait différencier les deux dans un élan de vision manichéenne. Intolérable et inconcevable.

Car jusqu’à preuve du contraire, les plaisanciers font bien partie de la population au sens large de la Polynésie française, donc il semblerait qu’ils soient soumis au confinement, non ?

Évidemment, le civisme et le bon sens sont propres à chacun. Des voiliers bougent aussi de leur plein gré. Si un plaisancier veut contrevenir à la contrainte de confinement, c'est son choix, et il sait qu'il s'expose à des sanctions. En revanche, qu’une autorité, même communale, viennent les obliger à bouger durant le confinement interroge forcément.

Le cheminement administratif pour avoir une réponse des autorités compétentes a confirmé ce que le bon sens préconisait. Le Conseiller pour l’action de l’État en mer du commandement des zones maritimes Polynésie française et océan Pacifique ainsi que l’Administrateur des affaires maritimes et Adjoint au chef du service des affaires maritimes de Polynésie m’ont clairement répondu NON aux déplacements autour de Moorea.

Dès lors, que penser de la décision de la Commune de Moorea ?

Le maire de Moorea, dont la vision du monde a encore gagné en élégance, n’a peut-être pas compris les statuts d’un confinement ou alors il avait d’autres idées en tête. Cet homme a le mérite de la constance en tout cas.

L’interrogation ne s’arrête pas là car quand j’ai contacté la Direction Polynésienne des Affaires Maritimes, il m’a été dit qu’on ne pouvait me donner de réponse pour le moment car la Directrice avait fait une demande au Haut Commissariat pour savoir si l'État d'urgence primait sur le PGEM !

Autrement dit, la DPAM ne sait pas si le PGEM de la petite commune de Moorea est moins important qu'un État d'urgence sanitaire décrété par l'État français ?

Il me semble évident que n’importe quel citoyen est à même de se questionner sur cette logique, non ?

Chacun, selon son regard à la vie, est libre de juger cette action de la Commune de Moorea. Certains applaudissent peut-être, d’autres s’indignent, beaucoup s’en fichent.

Il est facile de s’imaginer la réaction des riverains habitant bord de mer ou en hauteur, voyant des voiliers se déplacer dans le lagon ou autour de Moorea. Eux sont confinés mais pas les plaisanciers ? Savent-ils, un seul instant, ces riverains, que beaucoup de ces plaisanciers ont été « obligés » de se déplacer ?

Il n’en faut pas plus pour que des dizaines de « procureurs de la République sur réseaux sociaux » déversent leur poésie habituelle sur les « voileux ». Mais là encore, le débat est malheureusement faussé. Et il ne faudra pas attendre un démenti officiel et publique de l’État envers le Maire de Moorea.

Le mal aura été fait. Osons croire que ce n’était pas une manœuvre délibérée de ce dernier.

« Car, au final, le risque majeur est que tout finisse par se valoir, que l’amalgame l'emporte et que la confusion terrasse les esprits. Des politiques à courte vue n’attendent que ça, brouiller nos écœurements, lisser nos résistances ; ne leur faisons pas cette offrande et soyons pour une fois discriminants.
Une indignation lucide, voilà le plus sûr des remparts. » *

un plaisancier qui en a ras le fiu

* Cédric Sapin-Defour - 10 février 2019

PGEM révisé et validé mais …

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Le PGEM, qui vient d'être abrogé, révisé et validé, ne semble pas encore prêt à être officialisé. Des bruits couraient déjà sur Moorea depuis quelques semaines (suite au rachat de la plage de Temae par le groupe Wan) comme quoi cette zone de Temae allait changer de statut vis à vis du PGEM.
Tout ne semble donc pas encore très clair ... Pourtant, nous attendons avec impatience les sites retenus comme zones de mouillage avec leur quota !

Article de La Dépêche de Tahiti - 13 septembre 2021

Moorea - Plan de gestion de l'espace maritime révisé et validé par le conseil des ministres

L'apparition surprise de « zones de développement prioritaire » inquiète.

La dernière réunion de la commission locale de l’espace maritime (Clem), qui a permis la validation d’un travail de concertation finalisant la révision du plan de gestion de l’espace maritime (PGEM), a eu lieu le 11 mars. Mis en application en 2004, unique en Polynésie française, et décidé par les élus de l’époque de la commune et du Pays suite au développement incontrôlé des activités en tout genre sur lagon de Moorea, ce PGEM avait pour objectif d’instaurer les premières règles de gestion des espaces à l’intérieur du périmètre lagonaire de MooreaMaiao.

Ces règles ont été modifiées en concertation avec toutes les parties depuis 2015, après 200 séances de travail. Elles portent sur la pratique de la pêche selon les espaces lagonaires propres aux différentes communes associées, les activités nautiques, les zones de mouillage des paquebots et des voiliers, la pratique des activités touristiques (feeding, plongée sous-marine, activités motorisées et non motorisées, activités nautiques à vocation sportive). Elles établissent aussi les limitations de vitesse, interdisent les remblais et instaurent des zones de repos des cétacés.

La grande nouveauté du PGEM révisé concerne le monde de la pêche lagonaire. Alors que dans l’ancienne réglementation, les pêcheurs étaient encadrés par une réglementation fixe avec laquelle ils ne pouvaient déroger, avec le nouveau texte, c’est tout différent. En lien avec la direction des ressources maritimes et minières (DRMM), les pêcheurs se regrouperont en comité de pêche par commune associée qui établira ses propres règles de gestion de son espace maritime communal.

Concernant l’ensemble des règles de gestion des différentes activités, les différentes parties ont trouvé des solutions – parfois après quelques heurts –, en particulier sur les zones de mouillage des bateaux, sur la pratique des activités motorisées et sur les circuits des jet-skis.

Ces travaux du PGEM révisé ont abouti à 26 dispositions prises en compte avec pour ligne de conduite, la protection environnementale au travers du développement des activités. Ces dispositions ont été présentées et votées par les 28 membres de la Clem qui ont validé le texte le 11 mars 2021 en présence des élus de l’île, des représentants de l’État et du Pays. Il ne restait plus que la validation du conseil des ministres pour rendre ce texte applicable.

Et pourtant…

Un technicien proche de l’élaboration du PGEM, qui souhaite rester anonyme, tant que le nouveau texte n’est pas paru au journal officiel (JO), s’inquiète de l’évolution du texte, engagée sans concertation avec les membres de la Clem.

« L’annonce de la validation du PGEM révisé, qui aurait dû être une merveilleuse nouvelle venant couronner un travail de six longues années, est aujourd’hui partiellement gâchée par les modifications apportées au texte par le ministère de l’aménagement. »

Ces modifications, selon lui, auraient dû faire l’objet d’une dernière validation de l’instance en charge de la révision et pourraient avoir une incidence non négligeable sur le texte initial.

« Notre prestataire juridique qui nous a accompagnés dans ce projet (le cabinet Fidèle) travaille actuellement à une analyse de l’impact de ces modifications avec l’instauration de « zones de développement prioritaire » qui rendraient nulles les dispositions du PGEM au droit des parcelles concernées. »

Ce dernier redoute par exemple que « certaines zones protégées, comme la baie de Nuarei que borde la plage mythique de Temae, soient classées Zone de développement prioritaire et qu’ainsi carte blanche soit donnée au porteur de projet. En ligne de mire, le groupe Wane qui est en procédure d’acquisition du domaine Enany et qui pourrait bénéficier de ce changement des règles pour la construction par exemple de bungalows sur pilotis dans l’un des plus beaux lagons de Moorea, très sollicité par la population ».

Du côté de la commune, c’est aussi la surprise au sein des différents services qui, selon ce qui nous a été rapporté, n’ont été informés par les services du Pays que jeudi dernier.

Ces changements, soulignons-le, ne concernent pas l’ensemble du texte élaboré par la Clem, mais touchent un point sensible, l’environnement de Moorea étant déjà très sollicité avec de nombreux projets immobiliers en attente.

Aujourd’hui, l’ensemble des acteurs du PGEM révisé attend de pied ferme la parution du texte dans un prochain JO.

 

Les dispositions du PGEM actées en mars

• Zone de pêche (chaque commune associée a ses propres espaces définis et gérés par un comité (to'ohitu) de ladite commune associée).
Zone de mouillage des voiliers : une vingtaine de sites ont été arrêtés tout autour de l'île avec des quotas selon les zones.
• Zone de mouillage de gros navires : deux zones définies en baie de Opunohu et en baie de Paopao.
• Zone d'activités non motorisées : quatre au total (Haapiti, Ta'ahiamanu et les fonds des deux baies).
• Zone d'activités motorisées : Vaiare, Tiahura, Paopao.
• Zone de repos des cétacés : les passes de Maatea, Maharepa, Paopao, Opunohu et Haapiti (passe Matauvau).
• Zone de feeding (raies) au droit du motu Fareone et face à l'InterContinental.
• Zone de site de plongée : 25 au total dont deux avec rencontres avec les requins, au droit en sortant de la passe de Opunohu et sur le site Tiki face à Tiahura (pente externe).
• Sites plages publiques : trois (Tiahura, Ta'ahiamanu et Temae).
• Sites de baignade : 9 répartis autour de l'île.
• Sites publics de mise à l'eau : 12 répartis dans chacune des communes associées.
• Hydrosurface : une dans la zone PK 16 Paroa.

 

Approbation du PGEM révisé

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La révision du Plan de Gestion de l’Espace Maritime (PGEM) de Moorea avait pour objectifs de concilier un nécessaire développement économique de l’île avec une meilleure gestion du lagon et des activités lagonaires.

Article sur tntv.pf : Publié le 08/09/2021 à 15:47 - Mise à jour le 08/09/2021 à 16:29
Copier-coller du Communiqué-Conseil-des-ministres-du-8-septembre

Le PGEM de l’île soeur, rendu exécutoire en 2004, vise à concilier développement socio-économique et protection du milieu lagonaire avec l’adhésion de la population. Après 11 ans d’existence, le PGEM affichait un bilan positif notamment sur les aspects suivants :
– Limitation des modifications de la ligne de rivage et des emprises illégales sur le domaine public ;
– Biodiversité marine en meilleure santé: augmentation des ressources marines et de la taille des espèces ;
– Rayonnement du PGEM et de ses principes au niveau local, national et international.

Toutefois, des améliorations du PGEM étaient nécessaires en termes notamment d’effectivité, de gouvernance, d’appropriation de l’outil par la population et de moyens de mise en œuvre. De plus, il est apparu que le zonage et les règles établis plus de 10 ans auparavant devaient évoluer. En effet, les pressions sur le lagon se sont intensifiées et diversifiées en raison de la croissance démographique, de la densification de l’urbanisation côtière, de l’évolution des modes de vie et de l’apparition de nouvelles activités lagonaires.

Sur ce constat, la révision du PGEM avait pour objectifs de concilier un nécessaire développement économique de l’île avec une meilleure gestion du lagon et des activités lagonaires. La révision qui s’est appuyée sur une concertation participative de tous les acteurs, tant institutionnels que privés, a permis de faire émerger :
– Une structuration des usagers représentatifs du lagon permettant de favoriser leur implication dans la co-construction de ce plan de gestion et permettant de faciliter la mise en œuvre des politiques publiques à Moorea ;
– Un projet de gestion à long terme pour le lagon de Moorea, qui devra être décliné de manière opérationnelle en plan d’actions ;
– L’identification d’objectifs communs que la population de Moorea et les différents acteurs souhaitent d’ici 10 à 15 ans, avec la mise en place d’une gouvernance améliorée et d’un cadre d’action plus lisible pour les différents services administratifs du Pays, qui demeurent compétents pour édicter les réglementations mettant en œuvre les orientations prévues par le PGEM.

Par ce PGEM révisé, le Pays et la commune partagent l'ambition de préserver le cadre et la diversité du lagon de Moorea, tout en permettant l'essor économique de l'île au travers notamment le développement du secteur touristique, tant à destination des touristes étrangers que des résidents.

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