Pourquoi adhérer à l'AVP en 2020 ?

Créer du lien au sein de l’association et nous connaître un peu mieux. Parce qu’une association c’est avant tout créer des occasions de se rencontrer, d’échanger, nous avons décidé de déclencher ces occasions afin que tous les adhérents puissent avoir un vrai rôle participatif, que chacun puisse...

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Actualités

Voiliers : mécontentement entre plaisanciers et riverains

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Le torchon brûle entre les plaisanciers, les pécheurs, les riverains et certaines communes. Quelle est la réglementation en vigueur ? Dans quelle mesure le mouillage est-il autorisé ? Reportage.
Le torchon brûle entre les plaisanciers, les pécheurs, les riverains et certaines communes. Au cœur du problème une règlementation parfois un peu flottante en ce qui concerne notamment les durées de mouillage des voiliers.

A Moorea, la mairie de Moorea réfléchit à un renforcement de la règlementation dans ses zones de mouillage. Un nouveau plan de gestion de l’espace maritime est en cours de finalisation. Il devrait  être opérationnel d’ici le mois de novembre. "On va durcir cette régelementation pour dire qu'il faut quitter au-delà de 48h et ne plus revenir au bout d'un laps de temps", explique Ataria Firiapu, 1er adjoint au maire de Moorea-Maiao

A Mahina, la mairie est d’accord pour un mouillage de deux ou trois jours mais pas plusieurs mois. Quelle est la réglementation en vigueur ? Dans quelle mesure le mouillage est-il autorisé ?

L’invité café : Arnaud Jordan – 24/09/2020

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L'invité café du jeudi 24 septembre est Arnaud Jordan, président de l'association des voiliers en Polynésie.

Arnaud Jordan est le président de l’association des voiliers en Polynésie, il est venu s’exprimer sur les tensions actuelles entre les voiliers et certains riverains de Moorea, Faa'a et Mahina.

"Les voiliers font ce qu'on leur demande. Rester plusieurs mois au mouillage ? C'est un usage normal du domaine public, tant que cela ne gène pas les autres. (...) Lorsque l'on dit partout que le mouillage est interdit, c'est faux ; on met de fausses idées dans la tête des gens qui permettent des débordements. C'est dangereux pour les voiliers. Les voiliers rapportent de l'argent au Pays et respectent très largement le lagon. Nous ne sommes pas des nuisances, mais plutôt une chance".

Arnaud Jordan est interrogé en direct par téléphone par Ibrahim Ahmed Hazi :

Moorea : la mairie s’apprête à renforcer son PGEM

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La mairie de Moorea réfléchit à un renforcement de la règlementation dans ses zones de mouillage. Un nouveau plan de gestion de l’espace maritime est en cours de finalisation. Il devrait  être opérationnel d’ici le mois de novembre.
Bientôt fini la pagaille sur le lagon de Moorea... La mairie s'apprête en effet à renforcer son PGEM, son plan de gestion de l’espace maritime. Ce nouveau PGEM est en cours de finalisation. Il devrait être opérationnel d’ici le mois de novembre. Pour cela, un nouveau comité du PGEM sera renforcé.

Le temps de présence des voiliers sur le lagon ainsi que leur lieu de mouillage seront mieux règlementés, explique Ataria Firiapu, 1er adjoint au maire de Moorea-Maiao. "Interdire pour interdire, non, c'est réglementer les zones de mouillage et qu'on les respecte (...) Ils peuvent mouiller partout en dehors des AMP, c'est-à-dire des zones marines protégées mais limité en temps de mouillage (...) On va durcir cette régelementation pour dire qu'il faut quitter au-delà de 38h et ne plus revenir au bout d'un laps de temps".

Les voiliers invités à quitter la baie de Matavai

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La police municipale de Mahina est intervenue hier, à la pointe Vénus, pour signaler à neuf voiliers que la baie de Matavai n’était pas une zone de mouillage de longue durée.

Les propriétaires des voiliers actuellement au mouillage dans la baie ont été invités à partir dans les 24 heures.
Les propriétaires des voiliers actuellement au mouillage dans la baie ont été invités à partir dans les 24 heures. (©JLM/LDT)

Usant de son pouvoir de maire sur la bande des 300 mètres du littoral, le tavana de Mahina a dépêché, hier après-midi, la police municipale afin d’inviter les voiliers ancrés dans la baie de Matavai à quitter les lieux dans les 24 heures.

Depuis quinze jours, ce ne sont pas moins de neuf voiliers qui se sont installés devant la plage de la pointe Vénus. Il n’y en avait jamais eu autant à la fois.

Cela a particulièrement exaspéré les habitants de la zone qui, sur Facebook, ont manifesté leur crainte de voir leur site pollué ou que la baie soit un jour saturée de bateaux, comme à Faa’a et Punaauia.

Avec le zodiac des pompiers, deux mutoi sont allés informer les propriétaires de voiliers que la baie n’était pas une zone de mouillage dédiée (comme Faa’a et Punaauia) et qu’un récent arrêté du maire interdisait le stationnement dans la baie au-delà de 24 heures.

Les propriétaires interpellés hier, originaires d’Allemagne, d’Angleterre, de Belgique et de France, ont regretté cette situation, se disant stigmatisés partout où ils passaient. Tous souhaitaient savoir comment s’informer sur la réglementation. Une navigatrice a même montré, sur son téléphone, une application (non institutionnelle) qui signalait la possibilité de mouillage dans la baie.

À l’issue de l’intervention, le chef adjoint de la PM, Aa Oopa a constaté que les navigateurs n’étaient pas tous au courant de la réglementation. « Ils cherchent un moyen de mouiller gratuitement pour de ne pas être obligés d’aller dans une marina. Mais à Mahina, il n’y a aucune structure pour accueillir leurs déchets. Des gens ont constaté que certains propriétaires de voiliers emmenaient leurs déchets dans les quartiers pour les abandonner sur place. Je ne sais pas non plus où ils vont faire leurs besoins. »

Les voiliers qui n’auraient pas quitté les lieux pourraient avoir la visite de la gendarmerie maritime avec la menace d’une amende.

Depuis quinze jours, ce ne sont pas moins de neuf voiliers qui se sont installés devant la plage de la pointe Vénus.
Depuis quinze jours, ce ne sont pas moins de neuf voiliers qui se sont installés devant la plage de la pointe Vénus. (©JLM)
Avec le zodiac des pompiers, deux mutoi sont allés infor-mer les propriétaires de voiliers que la baie n’était pas une zone de mouillage dédiée.
Avec le zodiac des pompiers, deux mutoi sont allés informer les propriétaires de voiliers que la baie n’était pas une zone de mouillage dédiée. (©JLM)

Moorea : un homme avec un couteau menace un yacht

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À Moorea, le capitaine et les passagers d'un grand voilier ont reçu une visite plutôt hostile ce matin...

TNTV - Publié le 21/09/2020 à 17:10 - Mise à jour le 21/09/2020 à 17:10

Ancré dans le lagon de Haapiti par sécurité, ils ont été menacés par un individu avec un couteau. Cet homme s’est approché du voilier de luxe à bord d’une pirogue et a commencé à proférer des menaces et à insulter les passagers. Le capitaine du yacht a prévenu la police municipale.

Toujours selon lui, difficile pour les voiliers de jeter l’ancre dans le lagon de Haapiti à l’heure où la principale ressource de la Polynésie est au plus bas.

REPORTAGEBrandy Tevero

Moorea : le balisage toujours en question après un nouvel accident nautique

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Deux mois après le décès d’un adolescent britannique, percuté par un bateau alors qu’il faisait du snorkeling à proximité de la plage de Taahiamanu, et quelques jours après qu'une touriste autrichienne s'est également fait percuter à Patae, du côté de Vaiare, la question du balisage des zones de baignade à Moorea se pose toujours.

TNTV - Publié le 18/09/2020 à 11:00

La plage de Taahiamanu attire du monde, aussi bien sur terre que sur mer. C’est dans ce chenal de Moorea que séjournent les voiliers et que fréquentent également les jet skis, les petits bateaux de pêche et de tourisme. Depuis l’accident de l’adolescent britannique, l’inquiétude des prestataires d’excursions touristiques ne cesse de grandir. Tous sont en attente de propositions.

Comme « bien ponctuer les voiliers, les baigneurs et les bateaux, confie Juliano Arapari, prestataire d’excursions touristiques sur Moorea. Normalement, quand tu es dans le chenal, c’est limité à 5 nœuds, mais on voit des bateaux qui ne respectent pas la limitation sur le plan d’eau. Aussi nous n’avons pas de limite pour les nageurs. Donc quand ils traversent le chenal, ils se mettent en danger. »

Du côté du PGEM de Moorea, des discussions sont en cours, avec un objectif : la protection de toutes les personnes qui fréquentent ce lieu.

« L’avantage de Taahiamanu, c’est un lieu accessible à tous, indique Alain Druet, vice-président du PGEM de Moorea. A la population locale et à la population de passage. Mais la cohabitation voiliers, prestataires de service qui passent des fois à des vitesses excessives il faut le reconnaître, un balisage pas très bien marqué, un lieu de baignade pas bien délimité, fait qu’on peut encore s’attendre à différents accidents comme le triste accident que nous venons d’avoir. »

En effet, lundi dernier, un autre drame s’est produit à Patae, près du port de Vaiare. Une touriste autrichienne a été percutée par une embarcation. Transportée à l’hôpital de Afareaitu, ses jours ne sont pas en danger.

En attendant des travaux, la population est appelée à rester très prudente.

Un nouveau drame évité de peu dans le lagon de Moorea

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Un nouveau drame évité de peu dans le lagon de Moorea

Moorea, le 15 septembre 2020 – Un drame a été évité de peu le week-end dernier à Moorea où une plaisancière autrichienne qui nageait dans le chenal a été heurtée par un bateau. Blessée à la tête et à l'épaule, la touriste a été évasanée sur Tahiti.

Après l’accident de Tahiamanu le 9 août dernier qui a couté la vie à un jeune touriste de 14 ans, on a bien failli assister à un second drame dans le lagon de Moorea le week-end dernier. Un accident similaire s’est en effet produit samedi après-midi à Patae (commune associée d’Afareaitu). C’est cette fois-ci une plaisancière autrichienne qui s’est fait heurter par un bateau de 6 mètres dans le lagon alors qu’elle faisait du snorkeling avec son mari. L’accident s’est produit non loin de la zone de mouillage dans laquelle le couple a ancré son  voilier. La victime a été transportée dans un premier temps à la marina de Vaiare, puis a été immédiatement prise en charge par un groupe de sapeurs-pompiers de l’île sœur. L’Autrichienne de 58 ans se retrouve avec une plaie au niveau de la tête ainsi qu’à l’épaule gauche, ce qui lui a valu d’être évasanée à l’hôpital de Taaone. Selon l’équipage du bateau incriminé, le couple nageait dans le chenal alors que le capitaine suivait les poteaux de signalisation. Une enquête est toutefois en cours à la gendarmerie nationale de Moorea pour déterminer les circonstances exactes de l’accident.

TAHITI INFO - Rédigé par Toatane Rurua le Mardi 15 Septembre 2020 à 09:30

Au tour de la famille d’Eddie de faire un don à la Polynésie

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TAHITI INFO - Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mardi 8 Septembre 2020 à 18:53

Au tour de la famille d'Eddie de faire un don à la Polynésie

Tahiti, le 8 septembre 2020 - La famille d'Eddie, le jeune adolescent mortellement percuté par un bateau à Tahiamanu à Moorea en août dernier, a décidé d'offrir une partie des dons récoltés pour son fils à des jeunes musiciens polynésiens, à travers le Conservatoire artistique de la Polynésie française (CAPF).

La famille du jeune Eddie, décédé à Moorea le 9 août dernier percuté par un bateau à Tahiamanu, a rencontré le directeur du Conservatoire artistique, Fabien Dinard, vendredi dernier. Les proches du jeune homme ont visité l'établissement et ont surtout découvert tous les cours proposés aux artistes en herbe du fenua. Mais cette visite avait un autre but. En effet, en souvenir de l'amour que portait Eddie pour la musique, la famille du jeune a décidé d'aider de jeunes musiciens, en leur offrant des cours au Conservatoire ou en leur achetant des instruments de musique, grâce aux nombreux dons reçus pour permettre le rapatriement du corps du jeune homme.

Rappelons en effet que lorsque ce drame est survenu, la famille de l'adolescent avait lancé une campagne de financement pour rapatrier Eddie au Royaume-Uni. "Malheureusement, nous n'étions pas couverts pour de telles dépenses. Alors nous avons lancé une campagne de financement sur Internet. Et en quelques heures, nous avons rassemblé tout l'argent dont nous avions besoin et plus encore". La famille a donc décidé de créer un fonds de bienfaisance intitulé Eddie Jarman Young Musicians Trust Fund pour les jeunes musiciens.

 

"Très beau geste"

"Nous avons voulu étendre ce don aux jeunes de la Polynésie, car c'est là qu'Eddie a passé les neuf derniers mois de sa vie, qui ont été des moments très heureux, même lors du confinement", explique la mère du jeune homme, Barbara. "Nous voulons garder un lien avec le pays où Eddie était le plus heureux et où il est mort". La famille du jeune Eddie compte essayer de financer les études de deux à quatre jeunes musiciens sur du "long terme" au Conservatoire. Et pour ce faire, elle a décidé de continuer à collecter des fonds, auprès notamment de la communauté musicale du Royaume-Uni mais aussi à l'international. Elle a même mis en place une autre campagne de financement : www.justgiving / crowdfunding / eddie-jarman. Et par ailleurs, les proches d'Eddie comptent mettre aux enchères les instruments du jeune homme ainsi que ses enregistrements piano et violon pour participer à cette cagnotte.

"C'est un très beau geste de financer des études artistiques d'un enfant ou de plusieurs enfants,  considérant ce qui s'est passé pour cette famille", a réagi Fabien Dinard. "J'aurais pensé qu'ils auraient eu un mauvais souvenir de notre pays. Finalement le geste est très fort envers les enfants de la Polynésie". Le directeur du Conservatoire explique que cette aide va être destinée à la fois aux enfants les moins favorisés et aux plus méritants. "Que cela soit des études musicales, de danse ou même de théâtre. On va identifier quelques enfants. Mais maintenant, on doit avoir des échanges avec la famille surtout pour savoir quelles sont les disciplines qu'elle aimerait soutenir"

 

Une stèle en mémoire d'Eddie

Autre projet que la famille d'Eddie aimerait voir sortir de terre, la mise en place d'une pierre commémorative, à Tahiamanu, lieu de l'accident, en souvenir de leur fils. "Nous espérons que le mémorial va sensibiliser tous ceux qui utilisent le lagon à être plus réfléchis et plus respectueux (…).Un court moment de plaisir dû à un excès de vitesse peut entraîner un accident tragique", assure la mère de l'adolescent. À travers cette stèle, la famille espère qu'une réglementation fera son apparition. Quant au souhait du tāvana de Moorea d'interdire le mouillage des voiliers à Tahiamanu, la famille concède que cette décision n'a pas dû être facile, mais trouve que cette annonce est mal venue une semaine après l'accident. "Cela nous a semblé malheureusement comme une tentative de rendre les voiliers responsables de ce qui s'est passé, et ce n'est clairement pas juste".

La famille considère qu'une enquête "appropriée et approfondie" aurait dû être menée pour déterminer les responsabilités de chacun. La mère d'Eddie affirme que beaucoup de questions restent encore en suspens et que cette interdiction de mouillage est "une décision précipitée (…). Comment l'interdiction des voiliers pourra résoudre le problème des bateaux à grande vitesse et des jet-skis qui s'approchent de la plage?". La famille endeuillée rappelle d'ailleurs que "'l'argent des voiliers' va directement à la communauté (…), contrairement au cas des grands hôtels où les dépenses ne sont pas toujours distribuées à la population locale."

Moorea – Le maire souhaite une marina de Vaiare agrandie et labellisée Pavillon Bleu

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La Dépêche de Tahiti a souhaité en savoir plus sur la situation de ces touristes itinérants à Moorea avec Evans Haumani, le maire de la commune.

Moorea dispose d’une marina à Vaiare mais celle-ci est aujourd’hui complètement satu-rée par des voiliers sédentaires. Une projet d’extension est prévu et la commune se dit favorable mais sous certaines conditions dont celle d’une marina labellisée Pavillon Bleu.
Moorea dispose d’une marina à Vaiare mais celle-ci est aujourd’hui complètement saturée par des voiliers sédentaires. Une projet d’extension est prévu et la commune se dit favorable mais sous certaines conditions dont celle d’une marina labellisée Pavillon Bleu. (©J Rey/LDT)

L’île Sœur est une destination privilégiée de la plaisance, voiliers et « mega-yachts ». Aussi, il n’est pas rare de voir sur certains sites lagonaires une soixantaine de bateaux en même temps. Les mouillages les plus convoités sont ceux situés près de la passe de Vaiare, dans la baie de Paopao et face à la plage Ta’ahiamanu. C’est là qu’il y a quelques semaines, un dramatique accident a causé la mort d’un enfant issu d’un de ces voiliers, percuté par un bateau à moteur qui circulait trop près des voiliers. Il a alors été décidé d’interdire par un arrêté territorial cette zone au mouillage.

Alors que la polémique enfle sur la présence des voiliers de croisière en Polynésie française et en particulier sur le principe du mouillage forain, La Dépêche de Tahiti a souhaité en savoir plus sur la situation de ces touristes itinérants à Moorea avec Evans Haumani, le maire de la commune.

Que penser de la situation en général des voiliers en Polynésie ?

Il y a quelques années, notamment lors de l’élaboration du premier plan de gestion de l’espace maritime (PGEM), la gestion des voiliers ne constituait pas un enjeu particulier. Or, avec la promotion touristique effectuée par le Pays, ces usagers sont de plus en plus présents dans nos lagons. De ce fait, la réglementation existante sur le mouillage, pilotée par la direction polynésienne des affaires maritimes (DPAM) en collaboration avec les communes, n’est plus suffisante et doit être améliorée pour mieux répondre à cette problématique d’accueil et de gestion des bateaux de plaisance.

Quelle place a la plaisance à Moorea ?

Le PGEM actuellement en vigueur propose des zones de mouillage dédiées dans le lagon : baies de Paopao, Opunohu et Nuarei, ainsi que Ta’ahiamanu. Cependant, avec le temps, les bouées jaunes destinées à baliser ces zones ont disparu et nous pouvons constater que les voiliers occupent des espaces autres que ceux prévus par le PGEM.

La brigade nautique de la commune tente, tant bien que mal, de sensibiliser et informer les voiliers, mais les moyens humains mais aussi juridiques (compétences) ne permettent pas de faire respecter suffisamment le PGEM. Le projet de PGEM révisé maintient certaines zones de mouillage mais instaure des quotas qui peuvent être réévalués chaque année. Il faut savoir que l’objectif de la commune est de mettre en place un vrai cadre réglementaire pour ce type d’usager du lagon mais aussi de travailler sur un service d’accueil et de gestion.

Il est prévu de se rendre à Bora Bora pour s’inspirer du service actuellement en place et géré par un privé. Au niveau de la population de Moorea, elle est mal perçue car selon les signalements reçus, elle constate des dépôts d’ordures sur les côtes ou dans ses poubelles, des stationnement trop proches du littoral pouvant gêner l’intimité des habitations, de la pollution des eaux par le rejet des eaux usées, des tapages nocturnes…

La commune a apporté son soutien pour l’organisation de la Tahiti-Moorea Sailing RDV, est-ce qu’elle continuera à le faire ?

La commune a toujours soutenu la Tahiti-Moorea Sailing RDV et elle continuera car c’est un événement qui est temporaire, organisé à l’avance avec un partenariat bien cadré. Un rendez-vous touristique bénéfique pour toute l’île et les différents acteurs de Moorea. Par ailleurs, la présidente Stéphanie Betz s’est toujours montrée coopérative en communiquant à chaque événement la réglementation du PGEM et a mis en place des poubelles à sa charge mises à la disposition des plaisanciers.

La commune va-t-elle rétablir le dialogue entre le Port autonome et la population pour le projet d’agrandissement de la marina de Vaiare ?

La commune est en contact avec le Port autonome notamment avec les responsables de Moorea pour trouver ensemble des solutions pour encadrer l’arrivée des voiliers sur l’île : communication entre vigies de Papeete et Moorea et la commune pour informer les voiliers arrivant des zones de mouillage et des règles du PGEM.

Pour ce qui concerne la marina de Vaiare, la commune doit s’impliquer, notamment dans la communication avec la population, car elle constitue une vraie alternative au mouillage dans le lagon et une solution de service à terre pour les plaisanciers.

Le projet qui fait l’objet d’une notice d’impact sur l’environnement (NIE), actuellement soumise à enquête publique jusqu’au 9 septembre, concerne le rajout de deux pontons flottants mais surtout la «mise aux normes?» de la marina. Les termes sont importants. Cette mise aux normes va permettre, entre autres, de proposer un service de vidange des eaux grises à tous les plaisanciers, ce qui est une vraie plus-value pour la préservation de notre lagon. La commune doit être là pour assurer une communication claire auprès de la population et prévenir ainsi tout conflit.

La commune est-elle favorable à l’agrandissement de cette marina comme cela avait été proposé il y a quelques années ?

L’agrandissement est une bonne chose qui permettrait de regrouper les voiliers et de limiter le mouillage dans les autres parties du lagon, par exemple, dans les baies de Opunohu et de Paopao que la commune souhaite préserver. L’idée d’une marina labellisée Pavillon Bleu a été soumise au Pays car elle pourrait être de nature à rassurer la population sur la prise en compte du développement durable. Pour rappel, le Port autonome dispose déjà d’une marina labellisée à Punaauia (marina Taina).

À ce jour, les voiliers de passage n’ont aucun endroit pour faire escale à Moorea si ce n’est que de mouiller dans les lagons. Que préconisez-vous ?

Les zones de mouillage existent, l’enjeu aujourd’hui est surtout de les faire connaître malgré l’absence de balisage, mais aussi communiquer sur les dangers du lagon. La multiplication des activités nautiques est un facteur de risque important et il est primordial que la commune et les services et établissements du Pays concernés puissent trouver des solutions pour mieux informer les voiliers arrivant. La commune n’a pas véritablement le projet de créer des structures à terre pour les plaisanciers mais de s’appuyer sur des alternatives privées telles que la mise en place d’une marina privée dans la baie de Opunohu mais aussi la mise aux normes de la marina de Vaiare qui sont de nature à répondre aux besoins des voiliers.

Le sujet du site Ta’ahiamanu ne date pas d’aujourd’hui. Pourquoi vouloir l’interdire plutôt que de le réglementer ?

Effectivement, le mouillage à Ta’ahiamanu a commencé à faire débat depuis le début de la révision du PGEM, c’est-à-dire depuis 2015. La quantité des voiliers, parfois quarante en même temps, pour beaucoup, dans le chenal de navigation donc en dehors de la zone de mouillage dédiée, a engendré des problèmes de sécurité mais aussi de pollution constatés par les baigneurs de la plage publique et par la brigade nautique de la commune.

La volonté de la commune est bien de réglementer, mais force est de constater que nos tentatives de déplacement des voiliers ne portent pas leurs fruits du fait d’une absence d’assermentation des agents communaux sur des compétences du Pays, mais aussi d’un manque de moyens humains : quatre agents et un bateau pour couvrir 5 000 ha de lagon ! C’est pourquoi j’ai toujours milité pour une évacuation des voiliers de cette zone, pour limiter les risques d’accident. En 2018, à la suite d’une enquête publique, le conseil municipal s’est prononcé en ce sens (délibération n°93/2018 du 13/09/2018). L’accident qui a eu lieu, suivi de la visite gouvernementale, a permis de soulever de nouveau ce problème de sécurité et a incité le président à proposer un arrêté d’interdiction de mouillage dans cette zone sans attendre le PGEM révisé.

Tant que le balisage, une structure à terre et la limitation de la vitesse ne sont pas réglés avec le Pays, il est préférable d’interdire le mouillage à Ta’ahiamanu pour l’instant et reconsidérer cette question plus tard dès que le Pays se sera positionné sur la thématique du mouillage dans toute la Polynésie française.

Moorea : après le décès d’un adolescent faut-il interdire le mouillage à Ta’ahiamanu ?

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A Moorea, suite à l’accident survenu il y a près de deux semaines dans le lagon de la plage Ta’ahiamanu, et au cours duquel un adolescent a perdu la vie : les voiliers ne pourront plus rester au mouillage sur ce site. Une décision que les parents d’Eddie, la victime, disent déplorer. Ils ont l’impression que la commune utilise cette affaire comme une excuse pour se débarrasser de cette zone de mouillage. Certains dénoncent une réponse qui ne répond pas au problème de la vitesse excessive dans le chenal.

Publié le 22/08/2020 à 6:53 - Mise à jour le 22/08/2020 à 7:24- TNTV

C’est dans le lagon de la plage Ta’ahiamanu qu’il y a une dizaine de jours, Eddie, un adolescent britannique de 14 ans de passage en Polynésie avec ses parents, a succombé à un accident dans le lagon. Il a été heurté par un bateau alors qu’il faisait du snorkeling à quelques mètres du voilier familial.

A Ta’ahiamanu, le chenal passe à moins de 30 mètres de la plage publique, fréquentée. La problématique est connue et une réflexion est en cours, dans la cadre de la révision du PGEM : le plan de gestion de l’espace maritime.

Plage Ta’ahiamanu – Crédit photo TNTV

« On s’est rendus compte que la vitesse de navigation actuelle n’était pas forcément adaptée dans certaines zones », explique Hereiti Arapari, chargée des projets maritimes de la commune de Moorea. « On l’a du coup réduite à 15 nœuds dans l’ensemble du lagon, et dans les espaces fréquentés, on l’a réduite à 5 nœuds. Cette problématique a été abordée et elle doit continuer à être discutée avec la direction polynésienne des affaires maritimes ».

La commune va prendre un arrêté pour interdire le mouillage. Mais impossible d’obtenir des explications explications quant à ce choix : le maire et ses adjoints étant aux abonnés absents. Pas plus d’interlocuteur du côté du Pays qui nous renvoie vers la mairie…

Site de Ta’ahiamanu, Moorea – Crédit photo TNTV

« Suite à la tournée gouvernementale [postérieure à l’accident – NDLR], notre tavana a mis en avant les problématiques qu’il y avait face au mouillage, à Ta’ahiamanu », indique la responsable des projets maritimes de Moorea, « et c’est suite à l’intervention de notre tavana que le président a mis en avant le fait qu’il ne faudrait plus qu’il y ait de mouillage à Ta’ahiamanu pour des raisons de sécurité ».

Pourtant la commune est interpellée depuis des années sur la dangerosité de ce site, et des solutions ont été proposées.

« Nous avons fait des propositions au maire il y a 4 ans, pour déplacer le chenal plus près du récif, et laisser les baigneurs et les bateaux stationnés plus près de la plage, afin de protéger tout le monde… mais on n’a pas été entendus, c’est dommage. Mais là, on a une personne qui est décédée », déplore Arnaud Jordan, président de l’association des voiliers en Polynésie.

Proposition de modifier le balisage par l’Association des voiliers en Polynésie – DR AVP

« On entend parler d’une décision qui va être prise par la commune ou le pays d’enlever ces voiliers. Ce n’est pas la solution », s’exclame Hiro Kelley, habitant de Moorea et professionnel du tourisme sur l’île. C’est juste le balisage qui pose problème. Les prestataires ne savent pas où passer parce-qu’il n’y a pas de balisage. Il n’y a pas d’indications pour montrer par où passer! »

La réponse apportée par la commune est pour le moins surprenante : « Bouger une balise sous entendrait aller détruire encore du corail. Parce-qu’une balise, ça ne s’installe pas comme ça! »

« Si ça sauve la vie de quelqu’un, je ne vois pas pourquoi la question se pose », réplique une riveraine.

La responsable des projets maritimes apporte des éléments complémentaires : « Pour l’instant, il n’y a pas d’arrêté qui est pris, parce-que notre tavana attendait de faire adopter la révision du PGEM au conseil des ministres. Cependant, il y a différentes problématiques qu’il faut traiter dans leur ensemble, et tavana voulait prendre une décision globale. Il attendait que la révision du PGEM soit adoptée en Conseil des ministres. Retirer le mouillage permettra de limiter les accidents, la pollution. C’est vrai qu’on n’a pas assez pris en compte le monde de la plaisance, tout simplement parce-qu’avant, on n’en avait pas autant. C’est une question qui va au delà de l’échelle de Moorea. On doit avoir une réflexion générale. La DPAM va venir échanger avec nous sur la question du mouillage à Moorea. »

Balises dans le lagon de Ta’ahiamanu – crédit photo TNTV

Toujours une vitesse excessive dans le chenal

Malgré cet accident, les prises de risques continuent. Un responsable de la sécurité recense toute l’activité sur le site de Ta’ahiamanu, dans un registre consciencieusement tenu. Dimanche dernier, une semaine après l’accident mortel, une cohorte de 5 jetski a failli percuter un baigneur. En parcourant la plage, nous observons deux jet skis en train de faire la course à moins de 25 mètres du rivage.

« J’estime que c’est dangereux », confie une baigneuse. « Je vois là où est mon fils, ils sont passés très près. Quand on pense à l’accident qu’il y a eu, il faudrait peut-être faire quelque chose ». Une riveraine ajoute : « Ici c’est une plage publique. Ca veut dire qu’on peut se mettre à l’eau et nager devant. Déjà, on passe quelques patates, et après, on est à l’aise pour nager. Juste à ce moment là, on se retrouve en plein milieu du chenal, avec des jets skis qui passent à toute vitesse. C’est un miracle qu’il n’y ait pas eu plus d’accidents! »

Les parents d’Eddie, rentrés en Grande Bretagne enterrer leur garçon, nous ont fait part de leur désarroi quant à cette décision. Ils considèrent que les propriétaires de voiliers sont des boucs émissaires…

La famille d’Eddie Jarman, à bord de son voilier – Crédit photo TNTV

« La victime est un membres d’un équipage d’un voilier, or, ce sont les voiliers qu’on interdit. Nous sommes doublement victimes. C’est un peu comme si on traversait la rue, et qu’on disait, si un accident se passe, qu’on interdit les piétons », regrette Arnaud Jordan.

La famille d’Eddie sollicitée par la BBC pour témoigner

Sollicitée par la chaîne télévisée BBC, Barbara, la mère d’Eddie, compte bien exprimer son désarroi dans les médias internationaux. De quoi ternir encore davantage l’image de la destination Polynésie.

Laure Philiber

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